Nous avons cette capacité rare en Belgique de trouver des solutions aux problèmes qui se posent. Nous sommes reconnus dans le monde comme le pays du compromis, le pays qui trouve toujours la voie de l’apaisement politique. C’est notre fierté. Voyons cela...

Depuis que les problèmes linguistiques et communautaires se posent, notre pays a toujours su transcender les difficultés et trouver une issue. C’est ainsi qu’au fur et à mesure des réformes institutionnelles, notre pays s'est sorti des impasses dans lesquelles il se trouvait. De fil en aiguille, entre 1830 et ce jour, nous sommes passés de 6 ministres et 200 parlementaires à plus de 60 ministres et 500 parlementaires éparpillés entre 6 gouvernements et 7 parlements. Jésus n’aurait pas fait mieux avec le pain et le vin.

En matière de cultes, des solutions ont là aussi toujours été trouvées. En 1830, seul le culte catholique était reconnu. Aujourd’hui, six cultes sont actuellement reconnus : les cultes catholique, protestant, israélite, anglican, islamique et orthodoxe. Leur financement public, puisque les cultes restent en Belgique financés par l'Etat, adopte diverses formes, dont les principales sont le paiement des traitements et pensions des ministres du culte (pris en charge par l'Autorité fédérale), la couverture du déficit des fabriques d'église (prise en charge par les communes et les provinces) et, selon certaines modalités, l´organisation de cours de religion dans les écoles publiques (prise en charge par les Communautés). Puisque les cultes étaient reconnus, il a fallu également « sponsoriser » la laïcité,… Notre pays a toujours fait fort lorsque des solutions de compromis devaient être trouvées... La reconnaissance des cultes et de la laïcité représente désormais un coût pour l’Etat, tous niveaux de pouvoirs confondus, de près d'un milliard d’euros !

Lorsque le débat sur le choix des parents d’élèves d'inscrire ou non leurs enfants dans un cours de religion ou de morale a été posé, là encore, une solution pragmatique a été trouvée : on a inventé le cours de rien. Formidable, non ? Mieux valait un cours de rien plutôt que de se poser la question de savoir si, in fine, pas de cours du tout n’aurait pas été une meilleure solution...

Ecaussinnes, Cité pourtant divine, sait également y faire en matière d’accord politique. Lorsque l’accord préélectoral  PS-RL (MR) n’a pu être appliqué au lendemain des élections par manque de conseillers, il a fallu attirer Ecolo dans l’attelage branlant. On a dès lors créé, sans coup férir, un poste d’échevin supplémentaire et quelques commissions dispensatrices de jetons de présence pour élargir la gâteau à partager. Cette part supplémentaire du gâteau est financée, inutile de le dire, par les contribuables qui, pourtant, n’en n’auront même pas les miettes… 

Dernièrement, la presse internationale, suite aux attentats de Paris, se posait la question  de savoir si la Belgique, engluée dans ses transferts de compétences aux incompétents et autres joyeusetés, était encore capable d’assurer les missions régaliennes d’un Etat digne de ce nom…

Et désormais, nous apprenons que la Belgique, même si elle est considérée comme un paradis fiscal par les grosses fortunes de la galaxie, est le pays le plus taxé au monde…

On ponctionnerait donc le citoyen Lambda jusqu’au trognon pour trouver des solutions onéreuses aux problèmes qui se posent, payer sans fin des institutions et des représentants politiques qui se multiplient comme des petits pains, et le tout pour vivre dans un pays qui ne parviendrait même plus à assurer les fonctions essentielles d’un Etat moderne ?

Et bien mes cadets, et bien mes petits frères, on n’est pas sorti de l’auberge espagnole...

Que l’année 2016 vous apporte surtout ce dont vous rêvez !